samedi 24 septembre 2016

Les jeunes Grecs luttaient à poil et on récoltait leur sueur !



Les Grecs ont entretenu leurs palestres depuis le 6e siècle avant notre ère jusqu'à la fin de l'Empire romain. Ensuite elles sont tombées en ruine comme récemment les installations des Jeux olympiques. Rien de nouveau sous le soleil! Les palestres étaient réservées à la lutte et au pancrace (combinant lutte et pugilat), alors que les gymnases abritaient l'entraînement des autres sports. Les palestres comprenaient un terrain en plein-air entouré de colonnades et de salles servant de vestiaire, de bains, latrines, entrepôt pour l'huile et l'équipement sportif, d'autres vouées aux jeux, à la lecture ou servant de cantine. Seuls les mâles étaient admis dans les palestres; jeunes sportifs et leurs pères, frères, cousins, amants qui venaient les soutenir; des admirateurs aussi, attirés par les exploits des lutteurs ou par leur beauté; et puis les gars qui traînent habituellement dans les cafés.

L'ambiance des palestres? Un peu vestiaire de foot ou de rugby, un peu sauna gay, un peu buvette où retrouver les copains pour suivre ensemble un match, un peu café philosophique... Dans l'antiquité, les Grecs étaient les seuls athlètes à s'entraîner et combattre complètement à poil. Homère les revêtait d'un pagne, mais peu à peu ils se sont déculottés. Parce que, dit-on, ils perdaient leur calecife dans l'action et trébuchaient. Mon explication est plus simple: si le pagne était tissé très fin, il collait aux couilles et au cul à cause de la transpiration; si l'étoffe était plus rêche, elle irritait l'entrejambe... Et la transpiration naturelle (gloios) des ados à l'entraînement? Cette sécrétion de leurs hormones bouillonnantes était récupérée par les thérapeutes de l'époque directement sur leur peau avec le strigil, cet instrument concave dans les mains du personnage central ci-dessus. Elle servait à traiter les inflammations des articulations, de la vulve ou de l'anus, les lésions syphilitiques et toutes sortes de douleurs.


Une chose est sûre: les gars étaient fiers de parader et combattre nus, leur corps magnifié par l'huile d'olive avec laquelle il s'étaient massés. Et pour respecter la coutume esthétique de l'époque voulant que le pénis exhibé soit de petite taille et le noeud bien recouvert (voyez les statues de kouros), ils attachaient leur prépuce si celui-ci avait tendance à décalotter. Cela s'appelait la laisse de chien parce que les Grecs surnommaient ainsi leur bite, comme les Américains parlent de leur cock, le coq.

André






Prêt pour le strigil.




Avant Jésus-Christ.


Après Jésus-Christ.

mercredi 21 septembre 2016

Ces corps nus qui dévoilent les tatouages les plus intimes...




Les raisons de se faire tatouer sont aussi diverses, réfléchies ou impulsives (vite regrettées) que les motifs que l'on inscrit sur la peau. Dans les sociétés où les normes masculines sont très codifiées, le tatouage prend une forme d'initiation, de passage à l'âge adulte; et, suivant la technique utilisée, la douleur de l'opération est volontairement amplifiée afin de souligner l'entrée dans cette nouvelle phase de l'existence. Outre le marquage, la cérémonie peut comporter d'autres expériences, comme la chasse d'un animal sauvage, une mise à l'épreuve, une initiation sexuelle, un jeûne prolongé en isolement.




Le tatouage est obligatoire pour entrer dans certaines sociétés, comme les yakusa, gangsters japonais. En Occident, il est entré dans la culture populaire par les marins et les prisonniers. Plus près de nous, c'est la culture rock et metal qui a banalisé ce type de décoration corporelle. Au départ de cette mode, il s'agissait de se singulariser. Actuellement, on se singularise en n'ayant aucun tatouage à montrer ou cacher.



Dans les sociétés qui manquent de traditions, de passages obligatoires -- même la confirmation religieuse ou le service dans l'armée sont facultatifs. Des filles, mais surtout des gars tentent de créer leur propre initiation par le tatouage ou toute autre forme d'exploit personnel. Mais il y manque le rituel imposé par les coutumes et les anciens. Et en se faisant encrer des portraits de rock stars, on n'est qu'un anonyme de plus qui marque ses préférences musicales au milieu de milliers d'autres, sans pour cela être initié à un secret: tout le monde peut écouter cette musique.




Les tatoués qui choisissent des motifs "tribaux", sans connaître les coutumes ni les valeurs qu'ils représentent, montrent peut-être la solitude qu'ils ressentent aujourd'hui, leur désir d'appartenance plus profonde. Mais qu'est-ce que notre société leur offre comme lien solide à une communauté, comme émotion forte, à part les drogues? L'adhésion à un parti raciste, à une Église homophobe, à un groupe de supporters sportifs, à un patriotisme belliqueux... Tout cela est inscrit sur de nombreux corps, "Le Seigneur est mon berger", "Plutôt la mort que le déshonneur", "Tuez les tous jusqu'au dernier" "Les étrangers dehors". C'est l'expression d'une peur, d'un désir de protection contre le changement et contre la créativité qu'il suscite... Les idéaux forts s'enracinent dans le coeur, alors que les tatouages s'éternisent à fleur de peau.

André








Ci-dessous: l'acteur britannique Tom Hardy saute dans la rivière sous le regard interdit du batelier. Il s'agit du tournage du film Taboo dans l'Essex en février dernier.