vendredi 15 juillet 2011

Des lianes et un étui pénien pour sauter d'une hauteur de 30 m.

Saut de la mort. Photo: P.

Les chevilles retenues par des lianes, nus à part un étui pénien traditionnel, les courageux jeunes hommes de Vanuatu, dans le Pacifique à l'est de l'Australie, se lancent dans le vide d'une trentaine de mètres de hauteur pour s'écraser avec brutalité au pied d'une tour de bambous.

Être accepté dans la case des hommes. Photo: G.

Le saut N'go a inspiré le saut à l'élastique; il est plus dangereux car les lianes peuvent se rompre, leur longueur avoir été mal calculée, ou la réception sur la terre battue provoquer des problèmes graves lors du rappel contre la tour. Il faut voir les hommes se relever en se tenant la tête, une épaule, les reins, une jambe ou les boules (pas protégées par l'étui). Un groupe de femmes, d'hommes et d'enfants danse et chante pour encourager les athlètes. Les touristes australiens affluent.

Cérémonie pour favoriser la récolte de l'igname et rite de passage des adolescents, le N'go perpétue une coutume qui avait été interdite par les missionnaires. Les mecs escaladent l'échafaudage jusqu'à la hauteur qu'ils ont choisie pour tester leur courage et impressionner le monde; on lie les lianes à leurs chevilles. Prêts, ils frappent des mains et s'élancent dans le vide tête la première. À moins d'avoir encore du lait derrière les oreilles, celui qui renonce au bord de la plate-forme est très mal considéré.

À droite: Horatio, instituteur. Photo: O.
Étui pénien dit "balai".

L'étui pénien est la vêture masculine traditionnelle de Nouvelle-Guinée et d'une partie de l'Océanie. Loin de servir la pudeur, il offre l'avantage de maintenir la bite en place et de la protéger des insectes ou des lianes coupantes. Ce dont ne bénéficient pas les valseuses. Comme le string ou le cycliste chez nous, il attire le regard et stimule l'organe par le frottement. Les ethnographes estiment qu'il agit symboliquement comme une vulve ou un deuxième prépuce.

Se relever à l'atterrissage. Photo: O.
Un touriste relate qu'il a demandé au guide local comment on insère l'étui (le nambas). Il a été invité à participer à la danse traditionnelle et été exceptionnellement admis dans la case des hommes (interdite d'accès aux femmes et aux non-initiés) pour se déshabiller et revêtir un nambas. Mais ce couillon ne raconte pas comment l'enfiler ni ce qu'il a pu observer dans le lieu saint des mecs. C'est tabou, comme les secrets de la confrérie des francs-maçons.

André

Photos: G.= Roland Garve, P.= Patenvadrouille, O.= Olivier (Voilier Jangada).





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