vendredi 5 août 2011

Désape et danse de la serviette



C'est marrant d'observer, dans les petites plages publiques sans cabines, et même dans les vestiaires séparés, des hommes se tortiller sous une serviette de bain nouée à la taille pour se déshabiller ou se resaper. Cela touche au pathétique lorsque le maillot mouillé colle aux fesses et menace d'entraîner la serviette-pudeur dans sa chute.

Il faudrait être le dieu hindou Shiva, souvent représenté avec quatre bras, pour retenir le pagne à deux mains, tirer la culotte par en-dessous avec les deux autres afin de cacher ce membre que les temples shivaïques exposent dévotement: le lingam, symbole phallique perçu par les fidèles comme la représentation de l'axe du monde et du membre reproducteur du dieu.

Je n'ai pas lu de statistiques récentes à ce sujet, je crois pourtant que la moitié de la population mondiale est dotée d'un lingam et que l'autre moitié a déjà affronté l'objet -- dans l'art ou le quotidien. Alors, pourquoi essayer de le cacher en attirant d'autant plus l'attention qu'on s'adonne à la danse de Saint-Guy?

Dans un élan de pure spiritualité, je propose que soit offerte l'occasion aux dévotes et aux hommes pieux qui fréquentent les plages de déposer un baiser de paix sur tous les lingams qui s'exposent chastement durant la cérémonie de la désape et du reculotage. Je suis sûr que de nombreux athées retrouveraient la foi et la sérénité au lieu d'être hantés tout l'après-midi par la taille des paquets qui se baladent autour d'eux. Après tout, le lingam est un porte bonheur, il représente la force vitale. Pour terminer la dévotion, on l'oindrait d'huile précieuse pour le protéger de la jalousie du soleil.

André

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