samedi 30 mars 2013

Le corps du Christ -- et son paquet -- mis en évidence dans l'art





Durant les étapes de sa vie publique, le Christ -- demi-dieu selon le concept de l'époque -- a été dénudé quatre fois. D'abord pour lui infliger le rite sauvage de la circoncision; puis lors de son baptême de jeune adulte -- représentant la noyade initiatique et la renaissance à une vie nouvelle; quand qu'il lavait les pieds de ses disciples et les séchait avec son pagne; puis pour l'ultime supplice sur la croix. Les artistes ont représenté ces scènes avec pudeur ou avec réalisme, suivant leur sensibilité -- religieuse ou érotique. Et en ce samedi de Pâques, noeud gordien de l'année chrétienne, je ressens un grand malaise au fond de mes tripes. Peut-être parce que je suis devenu plus sensible aux trépidations qui traversent notre terre et rencontrent les vibrations de l'autre monde.

Raphael: La mise au tombeau.

Porno: la mise en perce.

Bolivie: dépouille du "Che".
Je ne suis pas croyant dans le sens traditionnel, mais attaché à la quête d'une spiritualité essentielle. Et le samedi des Pâques chrétiennes me paraît réunir toutes les contradictions de l'existence. Si l'on y réfléchit un peu, nous sommes bombardés de toutes parts: l'amour divin (vous le ressentez? moi je trouve la notion très très abstraite); notre nature pécheresse qui nous en éloigne définitivement (c'est quoi, le péché?); le salaire du péché qui est la mort (quoi qu'il en soit, on va tous crever...); il faut un demi-dieu pour expier à notre place (alors, pourquoi continuons-nous à être taxés de pécheurs après sa mort?); etc., etc., etc.

Hans Holbein.
Et que font les chrétiens au milieu de cette pagaille? Un culte avec la célébration symbolique d'un repas cannibalesque ("Ceci est mon corps..."). Puis une grosse bouffe suivie du sacrifice de lapins en chocolat. En vous souhaitant de "Joyeuses Pâques!" urbi et orbi... Quel foutoir!

À Abou Graïb (Irak)...

...l'excellence militaire...

... des États-Unis.

Porno SM, USA.
Mais revenons aux artistes. Les plus téméraires ont représenté le Christ crucifié nu, sauvagement torturé et humilié. Puis il y a la descente de la croix, où s'exprime la douleur et la déception de l'entourage de Jésus. Les photos prises par des soldats américains des sévices qu'ils ont infligés aux prisonniers d'Abou Graïb, en Irak, nous rappellent que le terrorisme est d'abord dans le camp du plus fort -- comme à l'époque romaine.

Enfin, j'aimerais attirer votre regard vers les Lamentations sur le Christ mort que le peintre de la Renaissance Andrea Mantegna nous présente (ci-contre) comme une contemplation sur le thème de l'incarnation. Au centre du tableau, Mantegna a placé le paquet, les organes sexuels du Seigneur, mis en valeur par les plis du linceul. Avec tout le questionnement que cela nous pose!

Jésus était donc pleinement homme, mec (mais pourquoi Dieu n'a-t-il pas envoyé sa Fille unique?). A-t-il fait usage de ses attributs autrement que pour pisser? Connaissait-il les érections intempestives et gênantes, le bout dur durant la sieste, la masturbation pour demeurer chaste? Était-il attiré par les femmes ou par les hommes (la bible mentionne "le disciple que Jésus aimait"); sinon était-il fondamentalement bisexuel, comme il sied à un dieu?

Finalement, ce paquet ne nous renvoie-t-il pas à la dimension divine de notre propre sexe, à tout l'honneur et l'amour fervent que nous lui devons pour le bonheur qu'il nous dispense? Si oui: "heureuses Pâques" à votre paquet!

André

3 commentaires:

Modrone a dit…

Bonjour André

Tes articles concernant les religions sont toujours très intéressant et je partage ton avis très souvent.

Bonne continuation

unnu a dit…

J'aime les nouilles,
j'aime manger les nouilles,
j'aime lécher les couilles,
j'aime les couilles,
j'aime ton corps à la folie,
le plaisir de la chair,
jusqu'a la limite entre l'extase et les premiers signes de la douleur.
le chemin je crois qui mêne à l'orgasme. Une fois qu'éphémère je me suis père, je peux mourrir, car je réssucite un peu en toi, je renais dans ta chair, pour que tu périsse pécheur à ton tour repus des plaisirs de la vie, avec son amour et sa haine, nous les désespérés ne sommes pas de ce monde.

Pascal . L . a dit…

Très intéressant tout cela un peu violent mais c'est le monde , c'est la vie .