lundi 14 octobre 2013

Ces motards en fusion érotique (sinon héroïque) avec leur machine




Samedi, j'ai assisté à un colloque sur "Le Corps machine" au théâtre de l'Arsenic à Lausanne. Thème qui intéresse notre confrérie de baiseurs forcenés, mais s'appliquait en ce cas-là aux motards. La veille, sur la même scène, j'avais vu "Giacomo", une suite de tableaux inspirés de la carrière de Giacomo Agostini, champion du monde de vitesse à moto entre 1966 et 1972 en 500cm3 (de manière ininterrompue) et de 1968 à 1973 en 350cm3. L'Italien courait souvent dans les deux catégories le même jour! J'espérais comprendre un peu mieux le délire, la concentration et l'aberration qui entourent ces trompe-la-mort. Rien de tout cela, merde! Après le spectacle, Agostini lui-même a répondu aux questions.  À la fois fier et humble, avec cette aisance italienne, il a raconté comment les gars bloquent leurs sentiments lorsqu'ils prennent le départ sur un parcours où l'un des leurs s'est tué la veille, lors des essais.




Le lendemain, au colloque, j'espérais comprendre pourquoi la mise en scène ménage une rencontre entre Giacomo et une centauresse, femme-cheval au torse nu qui fait rêver le motard et avec laquelle il danse. Dans mon esprit (simpliste) c'est un centaure doublement membré (en tant qu'humain et cheval) que le motard enfourche pour dépasser avec virtuosité tout ce qui roule devant lui. Fusion et rivalité entre un  surdoué et une machine qui dicte sa conduite selon les possibilités mécaniques. Car j'ai l'impression que les sportifs de l'extrême refoulent autant que possible leur part féminine afin d'acquérir ce surplus de machisme qui va les valoriser auprès de leurs potes et leurs supporters. En poussant un peu, la moto devient ce compagnon psychopompe [=accompagnant les âmes] qui conduit les motards dans leur épopée compulsive et parfois jusqu'au dernier voyage... Un corps machine érotique puissant vibre entre les cuisses des pilotes et amplifie leur projection phallique... Leur père, ou le chef de leur meute ne leur a pas expliqué, de manière convaincante, qu'une virilité à égalité avec la féminité permet d'atteindre une paix et une jouissance encore plus profondes, que se soit en compagnie d'une femme ou d'un homme.

Durant le colloque, la réflexion des intervenants s'est attachée à l'engagement que suscite la moto, aux images médiatiques de la vitesse, à l'illusion de liberté que procure cette vitesse, aux représentations entre la puissance et la vulnérabilité, la sauvagerie et la socialisation, aux rites de passage (ou d'appartenance à un groupe), au flirt avec la limite entre la vie et la mort... J'ai établi plusieurs ponts entre la situation marginale des motards -- qui fascinent en même temps qu'ils dérangent -- et celle des LGBT. La société occidentale traverse une période d'interdits et de restrictions multiples au nom de la sécurité à tous prix. Les lois liberticides sont soutenues par de nombreux citoyens, en faveur de l'environnement et de la santé ou pour préserver la "morale" et les "valeurs traditionnelles". Le cuir des motards amuse, comme les déguisements portés lors des défilés gays. Mais ils font peur secrètement car ils parlent de libertés que même les oiseaux en cage hésitent à prendre lorsqu'on leur ouvre la porte... Parce que, chez le centaure, l'instinct animal est plus fort que l'humain socialisé, le bonheur plus important que la réussite financière.



Ma conclusion: les citoyens qui se pensent "honnêtes", et chient dans leur froc qu'on découvre leurs désirs cachés, il faudrait qu'ils apprennent à prendre des risques, à dépasser les balises pour développer leurs talents ignorés et vivre leurs pulsions avec jubilation. Alors, les fous de vitesse et les fous du cul prendraient plus de bon temps pour savourer pleinement leurs plaisirs, parce que réconciliés avec leur entourage. Une part plus grande de l'inconscient deviendrait consciente, ce serait le miracle que produirait le centaure Chiron, représenté comme la monture d'Éros et de Psyché et comme le mentor de ce héros que fut Achille, l'amoureux de Patrocle.

André



3 commentaires:

Morphéus Dark a dit…

il m'est arrivé de bander comme un turc suite aux vibrations de ma bécane effectivement

xerxes bear a dit…

oh god i love pic# 1 nice rose cock! centaurs are so sexies ! i want to fuck one !

Philippe a dit…

Magnifique ces "animaux" et ces motos... Comme cavalier, j'aimerais enfourcher de tels chevaux... A moto, je n'ai jamais été que passager. Mais quel pied, quand l'engin n'a qu'un siège pour deux !... Etreindre son pilote, sentir son dos contre son ventre, ses fesses calées entre ses cuisses...

Quand j'étais ado, un employé de mon père avait une vieille bécane qu'il entreposait dans notre remise... De magnifiques selles en cuir, idéales pour s'y asseoir... à poil bien sûr ! Avec une sangle pour les mains du passager mais très bien disposée pour y passer autre chose.... Non ! Je ne me suis jamais fait attraper. Mais j'aurais peut-être bien voulu... Par l'employé, en tout cas !