mercredi 19 août 2015

Yukio et Goh Mishima: artistes fascinés par les muscles et le sang







L'écrivain, poète, acteur et metteur en scène de cinéma Kimitake Hiraoka (1925-1970) est devenu l'auteur japonais du 20e siècle le plus célèbre sous le nom de Yukio Mishima. Pressenti trois fois pour le Nobel de littérature, il ne l'a jamais décroché étant donné ses convictions nationalistes d'extrême droite. Il était petit (1m60), doté d'un corps fragile. Son idéal mâle l'a poussé à l'exercice physique intense pour acquérir une belle musculature et de l'aisance dans ses contacts en société. C'est dans une salle de gym qu'il a rencontré Tsuyoshi Yoshida (1924-1988) qui devait devenir un dessinateur célèbre dans le milieu gay sous le nom de Goh Mishima. Goh était fasciné par le milieu des yakusa, les mafieux japonais qui affectent un type de virilité taciturne, cheveux coupés courts et initiation à la douleur par un tatouage du corps entier.

Yukio Mishima: enfance chétive...

... se viriliser, se muscler, fantasmer...

... le supplice de saint Sébastien.
Les deux hommes sont devenus amis et complices dans leur admiration des attributs masculins poilus, du culturisme et des sports de combat. C'est l'écrivain qui a encouragé le dessinateur à exprimer clairement ses pulsions érotiques sur le papier à une époque où l'homosexualité n'était pas encore abordée clairement en public. Influencé par les dessins de Tom of Finland, Goh Mishima s'est mis à publier ses créations dans les magazines gays Barazoku et Sabu. Après le suicide par seppuku (éventrement) de son ami écrivain, Goh a adopté un style plus noir, plus bondage et sado-maso. Il est mort d'une hépatite provoquée par son alcoolisme. Que dire de son art? Le trait est fin, précis, minimaliste et aussi répétitif que les dessins de mecs hyper-membrés commis à la chaîne par Tom of Finland. C'est excitant un instant, macho, mais peu convaincant car l'expression des visages change à peine, même sous la torture. Des deux Mishima, l'écrivain incarne aujourd'hui encore dans ses livres l'idéal japonais où l'art et l'action se combinent dans l'honneur et le sang.

André






3 commentaires:

Xersex a dit…

très intéressantes ces œuvres, qui révélent l'idéal japonais de l'honneur et de sacrifice, ici mélangés avec un homoérotisme heureux!

franck frenguelli a dit…

les chef d'oeuvre japonnais sont très belle et extraordinairement magnifique merci André de le faire partagé belle après midi a toi

clodoweg a dit…

beaux dessins,surtout les tatouages, mais un peu froids en effet.