jeudi 3 décembre 2015

Depuis L'Odyssée, les migrants apportent beauté et innovation




En se réveillant dimanche dernier et en voyant l'écharpe près de lui, le Genevois Anthony Kassongo (ci-dessus) a vraiment saisi qu'il avait été élu Mister Suisse romande la veille, en compagnie de Lara Chioda couronnée à ses côtés. La Vaudoise a pour dauphines Nomie Jornod et Ranya Akrimi.
Côté mecs, dix-sept candidats étaient en lice. Fabio Fonseca a remporté le titre de premier dauphin, suivi par Hermès Prencipe. J'ai une raison très précise -- et qui me tient à coeur -- de mentionner leurs noms. Comme celui d'un autre Genevois, Pedro Mendez (ci-dessous), 28 ans, qui parmi 36 candidats du monde entier a été élu Mister International lundi à Manille. Pedro avait précédemment remporté le titre de Mister Suisse romande.


En Suisse, près d'un quart de la population résidente est étrangère. Et beaucoup de citoyens descendent de parents ou de grands-parents venus dans ce pays pour y trouver du travail. Ils font partie de ceux qui ont enrichi l'Helvétie et l'ont amenée à l'état d'innovation, de développement social, économique et culturel dont mon pays jouit aujourd'hui. En ce qui concerne le rayonnement sportif, si Stan Wawrinka (ci-dessous) est un joueur de tennis moins étonnant que Roger Federer, il fait néanmoins partie des cinq meilleurs au monde. Son grand-père était originaire de Pologne. Son père, né en Allemagne, est fermier en agriculture biodynamique dans un petit village proche de Lausanne où Stanislas a passé son enfance.



Selon l’Organisation mondiale de la Propriété intellectuelle, la Suisse se place en tête des pays les plus innovants de la planète, notamment grâce à son système de formation. Pourtant nos autorités politiques manquent de dynamisme et n'apportent pas un soutien public suffisant aux jeunes pousses qui s'activent dans l'entourage des campus universitaires. Mais qui voit-on parmi les inventeurs et gestionnaires les plus dynamiques de ces start-up? Une foule d'étrangers qui participent au développement du pays.

Dans un article que publie ce matin le site Salon, l'Américain Richmond Eustis parle des réactions de ses étudiants à la lecture de l'Odyssée. Prof de littérature, il a pris un poste dans une université jordanienne et compare les commentaires de ses élèves aux États-Unis à ceux des Syriens, Irakiens ou Palestiniens réfugiés auxquels il enseigne maintenant. L'Odyssée nous régale des rencontres d'Ulysse le fûté avec des nymphes, une magicienne, un cyclope, des princesses et le chant des sirènes que le voyageur écoute en bandant, attaché au mât de son navire pour ne pas y succomber... Les nouveaux étudiants de Richmond Eustis y lisent autre chose: la description de la coutume grecque de xenia, l'hospitalité. Pour eux l'Odyssée illustre l'angoisse de l'exilé arrivant dans un pays inconnu. Ulysse lui-même se demande plusieurs fois au sujet des habitants si ce sont des sauvages ignorant cette marque élémentaire de courtoisie, ou de braves gens qui honorent les dieux. "Nous connaissons cette histoire, disent-ils. Nous savons ce que cela représente de ne plus pouvoir retourner à la maison, de sonner à la porte d'inconnus sans rien dans les mains et d'espérer qu'ils nous accueilleront avec bonté au lieu de colère. Nous connaissons l'incertitude quant au sort de nos proches pris dans des guerres qui semblent ne jamais s'arrêter..."

André

2 commentaires:

Bibi a dit…

Je n'étais pas venu sur ce blog depuis des années, mais je suis heureux de voir qu'il est toujours aussi bien tenu et que les articles sont toujours aussi intéressants.

franck frenguelli a dit…

magnifique que tes beau mec et aussi de belle représentation bravo André