vendredi 8 décembre 2017

Des gars aussi dénoncent les abus sexuels dont ils ont été victimes





Ces quatre photos sont l'oeuvre de Bruce Weber, spécialiste de la mode, de la pub et du nu masculin. Une plainte contre lui a été déposée la semaine dernière par Jason Boyce pour attouchements lors d'une séance de prise de vues à New York en 2014, alors que Weber avait 68 ans et son modèle, un homme marié, 28 ans. Après quelques photos, Weber a demandé à son modèle de se dévêtir. (La règle de la profession veut que le mannequin soit prévenu d'avance s'il doit travailler nu.) Boyce a ôté chemise et pantalon, pas le slip. Weber l'a baissé et ordonné au jeune homme de mettre ses mains sur son corps, "là où il sentait le plus d'énergie". Boyce les a posées sur son coeur et Weber les a déplacées sur le sexe, leur imprimant un mouvement masturbatoire. Puis le photographe les a portées à sa propre bouche, déclarant: "Si vous avez confiance en moi, vous irez très loin. À quoi êtes-vous prêt, quelle est votre ambition?" Terrifié et dégoûté, le modèle est resté muet. Weber l'a renvoyé. La plainte vise également le patron de l'agence de mannequinat qui employait Boyce et affirme que le photographe a eu un comportement similaire avec d'autres gars envoyés par l'agence qui était donc au courant.



D'autre part, le célèbre chef d'orchestre James Levine vient d'être suspendu de ses fonctions au Metropolitan Opera. Trois musiciens qu'il a connu dans les années 1960 alors qu'ils avaient entre 15 et 17 ans l'accusent de séduction artistique pour parvenir à des attouchements sexuels dont certains se sont prolongés durant de longues périodes. Les rumeurs de harcèlement sexuel concernant Levine le suivent depuis plus de trente ans. Mais chaque fois qu'elles faisaient surface, le Met a décrété qu'il ne s'agissait que de potins sans substance.





"La Belle et la Bête" est un conte destiné à prévenir les fillettes du danger de flirter avec de gros salopards. Mais au pays de la ruée vers l'or, elles se précipitent dans la chambre d'hôtel du producteur qui ressemble à la Bête, dans l'espoir de décrocher un contrat et la célébrité. Le conte devient "La Poule aux oeufs d'or" et la poulette nous explique qu'elle n'a pas dénoncé le harceleur pour préserver carrière et réputation. Beaucoup de femmes qui subissent les comportements violents d'un patron, d'un contremaître, d'un collègue, voire d'un mari ne visent pas un gros contrat ni l'Oscar. Elle se taisent pour préserver leur maigre gagne-pain et protéger la famille; celles-là méritent notre respect, notre soutien. C'est l'éducation des filles qui est en jeu; on leur a enseigné la dépendance au mâle, à son autorité et ses désirs plutôt qu'un art martial pour se défendre et utiliser leur genou quand cela devient nécessaire.

Bruce Weber, photographe.

Des poulettes bécotent Harvey Weinstein.

Matt Damon dans le rôle du poulet.
Attention! Plus vous descendez dans la page, plus les clichés deviennent douloureux,  scandaleux et insupportables.

Le geste déplacé du coach: autour de lui les regards sont éloquents.

Toujours aux États-Unis, les accusations d'abus entre mâles dans le milieu du cinéma ont aussi commencé cet automne. L'acteur Anthony Rapp a dénoncé Kevin Spacey. Anthony avait 14 ans lorsque, lors d'une party alcoolisée chez Spacey à laquelle l'ado avait été invité, il a été tellement dégoûté par ces adultes qu'il s'est réfugié dans une chambre pour lire un bouquin en attendant qu'on le ramène à la maison. C'est là que Spacey l'a découvert et a tenté d'en tirer profit. 1) Comment des parents peuvent-ils laisser un ado se rendre seul à une party où il n'y a que des mecs de l'industrie cinématographique? 2) Spacey s'est défendu d'être gay jusqu'à cet automne où la plainte a été déposée. 3) Il en a profité pour faire son coming-out public, dans l'espoir de détourner l'attention de l'abus, plaidant aussi un problème d'alcool. 4) Mais les plaintes contre lui se sont multipliées tant en Angleterre qu'aux USA.


Dans l'éducation aux USA...

...les abus sont fréquents...

...la hiérarchie ferme les yeux...

...les enfants se taisent.

Les abus commis dans les collèges américains et les universités sont connus depuis longtemps. Mais ces institutions privées qui bénéficient de subsides versés par d'anciens élèves étouffent les rumeurs. De même qu'elle tolèrent les scandaleuses pratiques de bizutage dans les sociétés d'étudiants. Et les étudiantes qui sont harcelées, voire violées par leurs confrères ont beaucoup de peine à se faire entendre des autorités dites compétentes.


Aux Philippines: location de jeunes prostitués présentée comme un concours de beauté.

L'exploitation du sexe des jeunes garçons et des petits enfants est répandue partout. Il faudra encore beaucoup de temps pour que les producteurs et les distributeurs de photos et vidéos mettant en scène le viol des plus jeunes soient poursuivis. Pour l'instant, les polices repèrent et condamnent surtout les consommateurs. Je ne suis pas entré dans un réseau pédophile pour chercher ce genre de photos, elles sont publiées sur toutes sortes de sites homos qui naviguent entre légalité et sujets interdits, entre abus pédophiles et scènes pédérastiques à la limite des âges légaux de 16 ou 18 ans suivant les pays.






Les mâles ne sont pas seuls à bousiller la vie de leurs proies. Dans Härte, un film sorti en 2015, le réalisateur Rosa von Praunheim raconte la vie du champion allemand de sport de combat Andreas Marquardt qui devint ensuite souteneur. Andreas a 2 ans lorsque son père le trempe dans l'eau froide puis l'abandonne sur le balcon par une température au-dessous de zéro. L'enfant survit.



Alors qu'il a six ans, sa mère commence à tripoter son sexe jusqu'à ce qu'elle l'oblige à la baiser dès qu'il en a la possibilité. D'abord, cela l'intéresse, puis le dégoûte. Mais sa mère le menace de l'abandonner s'il ne continue pas. Pour canaliser sa rage, il s'entraîne au combat, est sacré champion. Parallèlement, il devient souteneur et met plusieurs femmes sur le trottoir, les traitant avec une indicible violence. Il amasse une fortune, est finalement arrêté et passe 8 ans en prison. Il réclame un traitement psychologique qu'on lui refuse et cela dure de nombreuses années jusqu'à ce qu'il puisse enfin raconter son histoire et démêler les fils de sa violence. Aujourd'hui, il a épousé l'une de ses tapineuses et se consacre avec elle à l'entraînement sportif d'enfants et d'ados en situation délicate.

Qui a dit que le monde allait toujours plus mal, alors qu'un peu partout, des vérités jusque-là cachées nous permettent de remédier aux injustices ?

André


Le prof et l'étudiant: mise en scène du grand photographe Arthur Tress en 1979.


jeudi 30 novembre 2017

Le sauna en bonne compagnie c'est cool -- et pourtant très chaud



Le sauna (mot finnois) est un bain de vapeur sèche à une température de 80 degrés celsius, voire plus. Dans le vocabulaire courant, sauna désigne aussi l'établissement qui le propose. Quant à l'usage qu'en font les LGBT -- surtout les G et B -- il englobe en plus la notion de sexualité en libre-service, une latitude qui enrage les mâles hétéros privés de cette autonomie. L'ambiance dans un club échangiste n'offre jamais la multitude de possibilités offertes par un établissement réservé aux gays.







J'ai hanté saunas, bains de vapeur, hammams, bains russes et japonais depuis 1956, l'année de mes vingt ans. À l'époque, les saunas étaient fréquentés par un public apparemment hétéro et rarement mixte (femmes et hommes) -- sauf dans les pays nordiques. Néanmoins, si l'on connaissait les habitudes locales, on savait à peu près quand on y trouverait le plus de pédés (le mot gay n'existait pas encore). On faisait connaissance, on consommait ailleurs.







Deux études médicales récentes -- l'une finlandaise, l'autre britannique -- mettent en valeur les effets positifs du bain de sauna pour le maintien de la santé. C'est excellent pour prévenir les problèmes cardiaques, le risque de démence [bien que l'ambiance y soit parfois démente]. Les douleurs articulaires, les maux de têtes, l'asthme et tous les types de refroidissement diminuent ou disparaissent. En ce qui me concerne, lors de mes visites au sauna durant l'hiver, j'essaie d'alterner trois sessions chaudes avec trois douches froides et trois bains glacés de dix minutes, évitant ainsi rhumes, bronchites et grippes.








Malgré mon âge avancé, je ne souffre pas encore de haute pression ni de démence [à ce qu'il me semble]. Mais il faut relever que les milliers d'hommes qui ont été suivis durant les recherches britanniques et finlandaises -- certains durant une vingtaine d'années -- prenaient plusieurs bains de sauna par semaine et ne les accompagnaient (probablement) pas des galipettes que nous associons habituellement à nos séances de transpiration. Ce supplément d'activité sportive est-il favorable ou nuisible à la santé?






Encore une observation: dans ma jeunesse, les saunas n'étaient pas catalogués "gays", même si une partie de la clientèle l'était confidentiellement. Alors qu'aujourd'hui, beaucoup d'établissements ainsi dénommés sont "hetero-friendly", fréquentés aussi par des gars dont certains sortent du placard en entrant (coming out) et y retournent à la sortie...

André