dimanche 26 juillet 2015

San Diego: le drapeau arc-en-ciel a attiré la pluie sur la Pride




"You can't have rainbows without rain" (Quand il y des arcs-en-ciel, la pluie n'est pas loin...) a déclaré un conseiller municipal de San Diego alors que la 41e Gay Pride de cette ville était arrosée par un orage bienvenu en cette saison d'inquiétante sécheresse californienne. La manifestation s'est déroulée dans une bonne humeur nourrie par les avancées que les LGBTI (I pour intersexe) américains enregistrent cette année. La communauté transgenre était de la fête puisque l'Armée envisage d'engager des T qui le sont ouvertement. Fini l'hypocrisie du "Don't ask don't tell", du motus et bouche cousue.




Pas de grande manifestation LGBTI sans les Soeurs de la Perpétuelle Indulgence.








mardi 21 juillet 2015

L'anatomie mâle face à l'art non figuratif et à la synchronicité




Le Centre Pompidou à Paris expose actuellement une cinquantaine d'oeuvres de l'artiste suisse Gottfried Honegger: des peintures, sculptures et dessins représentatifs de l'art concret non figuratif. En voici quelques exemples auxquels répondent les pleins et déliés d'anatomies mâles de mon choix. Parallèlement à sa création, Honegger a mené une carrière de graphiste et scénographe d'expositions aux États-Unis avant de revenir en Europe. Il vit et travaille à Zurich, à Paris et à Mouans-Sartoux dans les Alpes-Maritimes. Plusieurs de ses réalisations monumentales sont installées en France, notamment cet Hommage à Jacques Monod (1975) sur le campus universitaire de Dijon (à gauche ci-dessous).





Selon le quotidien suisse Le Temps, l'artiste se décrit comme "un manuel qui colle, qui ponce, qui peint". Il explique que ce que nous croyons essentiel à l’acte créateur, soit la décision de choisir telle couleur ou telle forme plutôt que telle autre, il la confie au coup de dés. Et qu'il en fait de même pour choisir un livre, un restaurant et un plat sur la carte. Cette attitude, laisser le choix au hasard, est-ce un caprice? En fait, ce n'est pas le "hasard" qui intervient, mais le phénomène de la synchronicité qui devient plus clair depuis que la physique quantique nous l'explique.


Dans la psychologie analytique développée par Carl Gustav Jung, la synchronicité se définit comme l'occurrence de plusieurs événements simultanés, sans lien de causalité, dont la manifestation est reçue comme la réponse à une attente exprimée ou non par la personne impliquée. L'événement synchronistique est tellement frappant par sa cohérence qu'il nous bouleverse quand on en prend conscience. Une fois l'habitude prise, une confiance s'établit et l'individu en tire profit comme Gottfried Honegger qui savait ne pas pouvoir se tromper en confiant ses choix au phénomène de la synchronicité. C'est un défi à l'esprit rationnel! Pour approfondir ses recherches, Jung a longtemps dialogué avec le physicien Wolfgang Pauli. Leur Correspondance, 1932-1958 a été publiée chez Albin Michel en 2000. Elle est malheureusement épuisée.



Pour Gottfried Honegger, l’art est un chemin qui permet de résister aux conditionnements. Et l'artiste le prouve. A L’Espace de l’art concret, son musée de Mouans-Sartoux, l’atelier pédagogique destiné aux enfants et aux adultes est aussi important que les salles d’exposition où ses œuvres dialoguent avec celles d’autres artistes. Lors de l’inauguration de son exposition au Centre Pompidou, debout au milieu de ses admirateurs, l’homme rocher -- devenu frêle à l’âge de 98 ans -- a plaidé une fois encore en faveur de l’éducation, de la pédagogie de l’art, et pour le culte de l’humanité et de la démocratie plutôt que pour celui du génie et de l’élite artistique. Un message que la France officielle peine à entendre.

André (et Le Temps)