samedi 24 juin 2017

"Manspreading" : ferme ton compas, mec, on sait que tu en as !



À quoi tient-elle, cette habitude masculine d'occuper plus de place sur les sièges des transports publiques, alors que le fessier féminin est en général plus ample que celui des gars? À une éducation paternelle et maternelle négligente? À l'épilation des valseuses qui les rend plus collantes? À un besoin de squatter le territoire alors que l'effort [d'une partie] de la société en faveur de l'égalité remporte du succès? À une pointe (in)consciente d'exhibitionnisme, le besoin d'étaler le paquet? Ou au manque d'équilibre (mental et physique) de nombreux mecs qui ont besoin d'une assise plus large pour corriger leur instabilité?

Les transports publiques de New York, Tokyo et Madrid ne se sont pas posé la question. Ils ont simplement répondu à la demande des passagères exaspérées en lançant une campagne contre ce qu'ils nomment en anglais le manspreading, la pratique mâle consistant à écarter les jambes en s'asseyant. Les pétitions féminines n'ont pas manqué. Et il a fallu beaucoup de patience jusqu'à ce qu'une interdiction de les exposer écarter vienne rejoindre celle de fumer.


En fait, pour minimiser l'accusation d'égocentrisme portée contre nous, on peut évoquer les situations où la position jambes écartées nous permet de remplir nos tâches avec plus de stabilité. D'où le port du pantalon qui s'est imposé pour jouer de l'accordéon, tirer sur un ennemi ou charger des colis dans un camion. Le problème, c'est de changer d'habitude dans les transports publiques et lors des défilés de mode. Les couilles sont faites pour donner et éprouver du plaisir (dans le secret des transports privés) ainsi qu'à accélérer la multiplication des bouches à nourrir. Aux mecs de trouver un juste milieu.

André



















vendredi 16 juin 2017

Une fierté différente souffle sur certaines Prides américaines




En voyant défiler les Gay Prides, Marches de la fierté, année après année, on avait l'impression que les LGBT des pays favorisés avaient perdu le goût du risque et s'étaient installés dans un boboïsme narcissique. Et puis: "fierté" de quoi? Bien sûr, nous sortions de la honte que les gens qui se pensaient normaux et sains d'esprit déversaient sur nos têtes comme du fumier sur les champs. Cela nous a aidé à croître. Et pour réagir, il fallait bien parader, souligner le trait, montrer que nous n'étions pas ceux qu'ils imaginaient.

La résistance en marche.


"Tirez des coups, pas des balles."
Cette année, une très médiocre troupe de cirque, la Trump Family, s'est installée à la Maison Blanche. Et dans plusieurs villes des États-Unis, le week-end dernier, les défilés LGBT ont pris une nouvelle tournure. Ils sont devenus des Marches de la résistance. Ainsi, le mot de fierté trouve son vrai sens: je suis fier de mes soeurs et frères LGBT; elles et ils ont retrouvé le goût de la lutte et quitté cette autosatisfaction égoïste qui sabotait la manifestation. En plus de leurs droits actuellement fragilisés, voire en danger, ces milliers de femmes et hommes réclament plus de justice pour d'autres minorités -- encore plus menacées par la nouvelle politique.





La première fois que j'ai défilé sous une bannière homo dans la capitale de mon pays, "je n'étais pas fier" selon l'expression populaire. C'était en 1979 et nous étions quelques poignées de mecs venus des quatre régions de Suisse. Nous savions que les photos de cette première manifestation publique paraîtraient dans la presse du dimanche -- celle qu'on lisait avec plus de soin. Et que chacun de nos visages serait reconnaissable. Ce qui n'a pas manqué. Avec des réactions très négatives autour de nous, dans le milieu familial et professionnel. Mais également quelques félicitations inattendues. Et les copains gays presque unanimes: "T'aurais pas dû..." Depuis, j'ai toujours pensé que nous devions nous engager aussi pour d'autres causes, par exemple pour cette "minorité" pourtant majoritaire au point de vue numérique: les femmes.

Lundi dernier, à Orlando en Floride, des centaines de personnes se sont rassemblées devant la discothèque Pulse pour rendre hommage aux victimes un an après le pire attentat perpétré aux Etats-Unis depuis le 11 septembre. On se souvient: le 12 juin, l'Américain Omar Mateen y avait tué 49 personnes et blessé 58 après avoir prêté allégeance au groupe Etat islamique. La police l'a abattu au bout de trois heures. À 2 heures du matin (l'heure de la fusillade), le bâtiment où s'était déroulé le massacre a ouvert ses portes pour permettre aux familles des victimes et aux survivants de se recueillir.



À l'extérieur, un mémorial avait été érigé avec les portraits des victimes et des fleurs. Quarante-neuf personnes habillées en anges entouraient la discothèque. Cette "armée des anges", soutenue par les Soeurs de la Perpétuelle Indulgence, s'est formée après le massacre pour protéger symboliquement les proches des victimes des manifestations homophobes et les musulmans de la ville des attaques racistes.

J'ai vu la vidéo publiée début juin par la police d'Orlando qui réunit une partie des enregistrements filmés par le caméras fixées sur les casques des agents intervenant au Pulse. C'est terrifiant et mon respect est immense envers ces gars qui avançaient dans l'obscurité et faisaient dégager les lieux sans savoir s'ils avaient affaire à un tueur ou à un danseur, jusqu'à découvrir enfin le coupable et l'abattre.

Les premières manifestations publiques aux États-Unis remontent à 1969. Les gars avaient pour la première fois résisté à la police qui faisait régulièrement des descentes dans des lieux gays et emmenaient les clients au poste.


Cette année, les Marches de protestation n'ont pas empêché le déroulement traditionnel des Prides et certaines villes ont connu les deux événements, l'un le samedi, l'autre le dimanche -- parfois avec quelques interférences. Quant aux fêtes qui les prolongeaient, elles étaient plus ou moins somptueuses. Ci-dessous, un coup d'oeil sur le décor à Los Angeles.

Pour terminer, voici un vue aérienne époustouflante de Tel Aviv sous l'occupation pacifique des troupes LGBT cette année. Un espoir: que ces jeunes fêtards privilégiés n'oublient pas qu'ils ont appartenu à une minorité méprisée. Et qu'il y en a une autre, beaucoup plus endommagée, qui réside dans le même territoire qu'eux.

André






lundi 12 juin 2017

Tant qu'il y aura des hommes, il y aura amour, soutien et fraternité























L'ex-président Barack Obama et le Premier ministre canadien Justin Trudeau se sont rencontrés mardi dernier pour dîner en tête-à-tête à Montréal. Obama avait participé à la réunion de quelque 6000 personnes au Palais des congrès de Montréal. Dans le discours sur sa vision de l'avenir, il avait débité les banalités d'usage. Son passage à la Maison Blanche est encore trop frais pour qu'il puisse s'exprimer avec candeur. C'est entre "frères d'âme" qu'il a pu évoquer ses craintes et sa déception avec Trudeau. Le règne actuel de la vulgarité, de l'intéressement personnel, voire de la kléptocratie familiale à Washington; le climat; l'affaire James Comey; la diplomatie via Twitter; les menaces de guerre et les alliances "n'importe comment" ont certainement occupé leur conversation. Ainsi que la connerie britannique et le terrorisme. Mais comment amener de jeunes leaders à agir dans et pour leur communauté? That is the question...

Le montant qu’a perçu Obama pour cette conférence n’a pas été divulgué, pas plus que la facture pour assurer sa sécurité... L'amitié fraternelle entre politiciens de haut niveau -- et respectables comme Trudeau et Obama -- n'a pas de prix.

André

Le colosse sans tête (un président?) de Damien Hirst au Palazzo Grassi de Venise.