vendredi 22 août 2014

Des poils, de vrais hommes, la vraie vie? Si c'était si simple...



Phill rase Nieves.

La locution "à poil" -- on a envie de passer au pluriel -- trouve ici tout son sens. Le photographe John Edward Fink qui vit à Atlanta intitule cette série Real men, real life De vrais hommes, la vraie vie. Ces gars sont splendides et dans leur peine maturité, néanmoins on ne les rencontre pas à tous les coins de rue. John a choisi surtout des mecs velus parce que le poil "contribue à l'apparence (ou l'illusion) de la masculinité. Je suis peu poilu moi-même alors je dois combler ailleurs mon besoin de fourrure."


David Pevsher.

Alex.

Chad.

Doug et Mike.



Craig, Bob et Corey.

Walt.

Christopher.

Christopher.

Randy.

Christopher.

mardi 19 août 2014

Dans la peau d'un hétéro, dans son coeur, sa bite, juste un instant!

Je vous propose un exercice. Son double but est: 1) comprendre (un peu) la majorité, ceux qui n'arrivent pas à nous encaisser et qui nous jugent; et 2) voir le monde à travers les yeux de quelqu'un d'autre. Ces gens qui s'aiment -- et le montrent physiquement sur les photos que j'ai choisies -- sont encore nombreux à penser que notre manière d'aimer est une abomination. Et que Dieu ou la morale ou les psys la condamnent... Nous aussi, plus ou moins, ressentons leur façon de s'unir comme pas naturelle, pas normale, pas de notre goût. Pourtant, nous devons la vie à ce genre d'accouplement et avons l'intention de la vivre gayment.




Profiter de ce genre d'exercice (en faire un jeu) pour apprendre à percevoir les idées, les émotions, les points de vue de quelqu'un d'autre que nous est d'un grand enrichissement. Devenir capable de s'enfiler [oui, c'est voulu] dans la peau et la tête et le coeur et le sexe d'une ou d'un autre nous récompense avec un surcroit de créativité, d'empathie et de générosité. Sérieusement: cela rapporte des amitiés durable et des avancements professionnels, une plus grande liberté de pensée... Nous, les gays et les bis, y sommes entraînés tous les jours quand nous écoutons les autres parler de leur vie normale sans se soucier de ceux qui vivent d'autres situations -- le chômage, la famille mono-parentale, l'exclusion à cause de leurs origine, de leur religion, d'un handicap ou de notre orientation. Mais il est facile de laisser couler la conversation, au lieu de se mettre à leur place. Imaginez: vous êtes un père qui amène son petit à l'hôpital après un accident. Vous savez qu'il va être terrorisé et qu'il va souffrir sans bien comprendre ce qui lui arrive, et que vous allez peut-être être séparés durant ces moments terribles.


Je pense aux parents, à Gaza, dont l'enfant a été tué par un objet tombé du ciel. Vous serrez dans vos bras ce corps déchiqueté. Vous n'avez pas pu prendre congé de lui, avant. Et toutes les autres réactions... Ou vous êtes la mère de cette petite fille qui vient de mourir après un attentat à Jérusalem. Le porteur de bombes lui aussi est mort. Les médias vous demandent si vous criez vengeance. Vous répondez -- parce que vous avez appris à vous glisser dans la peau des autres: "Je suis une mère, et la femme qui a donné la vie au jeune-homme qui s'est  immolé dans un attentat est comme moi: une mère. Les responsables, ce sont les dirigeants d'Israël."




Nous avons tous des peurs irraisonnées: par exemple celles de ne pas être assez ceci ou cela pour entrer dans le moule. Nos solutions pour noyer ces terreurs: l'alcool, la haine, la militance, la religion, le parti politique. Donc des cheminements qui ne nous permettent pas de découvrir et accepter avec amour et considération qui nous sommes vraiment. Je lis et c'est ardu La synchronicité, l'art des coïncidences, des choix et des pouvoirs de votre esprit de Kirby Surprise (son vrai nom!) aux éditions ADA. Son commentaire sur ce sujet: "Parfois, la meilleure façon d'obtenir ce dont vous avez besoin est de puiser dans ce que vous avez en vous." Le tout est d'apprendre comment y parvenir. C'est ce à quoi je m'attache dans mon apprentissage de chaman occidental et contemporain, libre des attaches traditionnelles. Et oh: admirez ces bites qui se dressent devant une promesse de plaisir et de bonheur partagé -- comme les nôtres!

André



vendredi 15 août 2014

Pas d'obsèques pour un gay -- Un miracle pour un couple homo...




Julion Evans est mort le mois dernier à l'âge de 42 ans. Il souffrait depuis quatre ans d'une maladie rare et sévère, l'amyloïdose qui évolue jusqu'à la destruction de plusieurs organes du corps. Sa famille avait demandé au pasteur de la congrégation New Hope Missionary Baptist Church, à Tampa en Floride, de conduire le service funèbre, ce qu'il avait accepté. New Hope comme nouvel espoir. Or, la veille de la cérémonie la mère de Julion, qui veillait auprès du cercueil, a reçu un coup de fil du pasteur lui annonçant qu'il annulait la cérémonie étant donné son côté "blasphématoire".


Le pasteur T.W. Jenkins ignorait que Julion était gay, mais des paroissiens s'étaient chargés de l'en informer après avoir repéré le nom de son mari Kendall Capers sur le faire-part de décès. Julion et Kendall vivaient ensemble depuis 17 ans lorsqu'ils purent enfin se marier l'an dernier au Maryland. [Mettez-vous un instant dans la peau de Kendall qui, le jour du mariage, savait que bientôt il serait veuf. La joie de donner ce bonheur inespéré à son chéri malade, et le désespoir...] À l'heure du service, les gens que la famille avait pu avertir se sont rendu au centre funéraire (rappelez-vous la série TV Six Pieds sous terre) et les autres ont buté contre la porte fermée de l'église.




"Je ne vais pas juger la façon de vivre des gens, mais je suis un homme de Dieu et je dois respecter mes principes. Je ne condamne par le pécheur, mais le péché. Selon les Saintes Écritures, nous aurions commis une faute de permettre que cette cérémonie se déroule dans notre église." C'est ainsi que le pasteur a expliqué son revirement à la mère du défunt. L'homme de Dieu avait accepté de s'expliquer devant les caméras de la station locale; mais, à l'heure du rendez-vous, la journaliste a également trouvé la porte close et le téléphone muet.



Jésus vivait entouré de mecs dont l'un était son ami -- en tout cas de coeur. Son attitude vis-à-vis des amours masculines était limpide. L'évangile de Matthieu (8:5-13) rapporte qu'un centurion (un haut-gradé) vient le supplier de guérir son pais (son p'tit gars, son esclave adolescent) atteint de paralysie et souffrant atrocement. Jésus connaît les moeurs grecques et romaines; il perçoit en même temps l'intensité de l'amour que cet homme porte à son jeune amant. Il répond: "Je vais aller le guérir." "Adôn (Monseigneur), reprend le centurion, je ne mérite pas que tu entres sous mon toit; mais dis seulement une parole et mon p'tit gars sera rétabli." Sa logique est simple: il lui suffit de donner un ordre à ses soldats pour qu'ils l'exécutent. C'est ce qu'il explique à Jésus qui est stupéfait et s'adresse à son entourage: "Je n'ai jamais trouvé pareille confiance en Israël!" Il se tourne vers le centurion: "Va! ton attente est exaucée." Le pais est guéri à l'instant même. Ni Jésus ni ses disciples ne songent à guérir ces deux hommes de leur amour, encore moins à les condamner.

André
* Les photos de ce billet sont empruntées à Charles Thomas Rogers, écrivain et photographe qui vit à New York et San Francisco.