mardi 25 août 2015

Quand un jeune prêtre confond cul et oreille, bite et baguel...



5e siècle avant notre ère.


Du yiddish beygl, rouleau à la texture ferme.
Le père John Riccardo.
Au cours d'une conférence de trois jours organisée récemment à Plymouth (Michigan) autour du thème du célibat et de la chasteté que les LGBTI catholiques laïcs devraient respecter, le prêtre John Riccardo a relaté comment il répond aux jeunes qui lui demandent pourquoi "Dieu hait les gays". Non, dit-il, Dieu ne les rejette pas, mais leur sexualité n'est pas naturelle. Et le révérend pose cette question saugrenue: "Si je coupais un baguel en deux et que j'enfonçais une partie dans mon oreille, que diriez-vous?"  "C'est pas fait pour!" "Exactement! Cela endommagerait votre canal auditif..."


Regardez attentivement la photo du prêtre et celle des baguels, il vous viendra toutes sortes de suppositions pas toutes chastes ni charitables. L'évangile de Matthieu, dans le Nouveau testament, déclare ceci (chap. 12, vers. 34): C'est du trop-plein du coeur que la bouche parle. L'homme bon, de son bon trésor tire de bonnes chose; et l'homme mauvais, de son mauvais trésor en tire de mauvaises. Un proverbe japonais résume: Lorsque le crapaud ouvre la gueule, on voit son estomac. Une autre parole de la Bible précise: Tu aimeras ton prochain comme toi-même... Or, pour suivre la doctrine de son Église, John Riccardo a fait beaucoup de mal. Il a renforcé l'attitude des ouailles homophobes, il a rendu timides les paroissiens qui voudraient soutenir les LGBTI, il a encouragé les persécutions dans les cours d'école.



En tant que choix personnel, le célibat et la chasteté sont respectables à condition  de ne pas être imposés de l'extérieur. Et puisque l'Église insiste tant sur le terme naturel, il se trouve que notre sexe fait naturellement partie de notre corps, pour que nous puissions en tirer toutes sortes d'expériences, de sensations, de bonheurs et aussi de malheurs qui font partie des apprentissages de la vie. Si le prêtre John n'était pas empêché, par contrat, de vivre sa sexualité auprès d'une femme ou d'un homme, sans que son employeur ne le condamne, peut-être encouragerait-il ses catéchumènes à aimer mieux, avec plus de délicatesse, de force et de sentiment, plutôt qu'à condamner une catégorie minoritaire.




Oui, nous les LGBTI sommes peu nombreux par rapport à la population qui se déclare hétérosexuelle.
Donc, pourquoi ces attaques constantes contre les gays, alors qu'il y a tant de graves et importants problèmes auxquels se coltiner si l'on veut apporter un peu de paix, de justice et de guérison dans ce monde? Posez-vous la question, John Riccardo! Et si votre emploi actuel ne permet pas d'y répondre, cherchez un patron plus éthique et qui ne s'ingérera pas dans vos affaires de baguel.

André

mercredi 19 août 2015

Yukio et Goh Mishima: artistes fascinés par les muscles et le sang







L'écrivain, poète, acteur et metteur en scène de cinéma Kimitake Hiraoka (1925-1970) est devenu l'auteur japonais du 20e siècle le plus célèbre sous le nom de Yukio Mishima. Pressenti trois fois pour le Nobel de littérature, il ne l'a jamais décroché étant donné ses convictions nationalistes d'extrême droite. Il était petit (1m60), doté d'un corps fragile. Son idéal mâle l'a poussé à l'exercice physique intense pour acquérir une belle musculature et de l'aisance dans ses contacts en société. C'est dans une salle de gym qu'il a rencontré Tsuyoshi Yoshida (1924-1988) qui devait devenir un dessinateur célèbre dans le milieu gay sous le nom de Goh Mishima. Goh était fasciné par le milieu des yakusa, les mafieux japonais qui affectent un type de virilité taciturne, cheveux coupés courts et initiation à la douleur par un tatouage du corps entier.

Yukio Mishima: enfance chétive...

... se viriliser, se muscler, fantasmer...

... le supplice de saint Sébastien.
Les deux hommes sont devenus amis et complices dans leur admiration des attributs masculins poilus, du culturisme et des sports de combat. C'est l'écrivain qui a encouragé le dessinateur à exprimer clairement ses pulsions érotiques sur le papier à une époque où l'homosexualité n'était pas encore abordée clairement en public. Influencé par les dessins de Tom of Finland, Goh Mishima s'est mis à publier ses créations dans les magazines gays Barazoku et Sabu. Après le suicide par seppuku (éventrement) de son ami écrivain, Goh a adopté un style plus noir, plus bondage et sado-maso. Il est mort d'une hépatite provoquée par son alcoolisme. Que dire de son art? Le trait est fin, précis, minimaliste et aussi répétitif que les dessins de mecs hyper-membrés commis à la chaîne par Tom of Finland. C'est excitant un instant, macho, mais peu convaincant car l'expression des visages change à peine, même sous la torture. Des deux Mishima, l'écrivain incarne aujourd'hui encore dans ses livres l'idéal japonais où l'art et l'action se combinent dans l'honneur et le sang.

André