dimanche 20 juillet 2014

Une vie sexuelle plus intense grâce à une large ouverture d'esprit




Entre 1939 et 1942, l'université américaine de Harvard a recruté 268 étudiants en bonne santé, d'accord de participer à une étude concernant leur évolution à travers les étapes de la vie. Tous des mâles, Harvard n'est devenue mixte qu'en 1977. Les premiers résultats ont été publiés en 1998, l'analyse complète en 2012 sous le titre Triumphs of Experience, The Men of the Harvard Grant Study par le Dr George E. Vaillant. L'étude ne se limite pas à l'aspect médical, elle comprend toutes les situations de l'existence, de la politique aux addictions en passant par la carrière, la famille et la religion. Elle met en évidence la manière dont chacun a fait face à l'adversité et à la prospérité, éclairant les mécanisme d'adaptation mis en jeu.






Les participants qui vivent encore sont nonagénaires; l'analyse offre donc une perspective à très longue vue. On découvre que ceux qui se sentent heureux et équilibrés aujourd'hui ne l'étaient pas forcément dans la quarantaine. Que plusieurs gars dont l'enfance a été misérable s'en sont bien tirés. Qu'une jeunesse heureuse porte ses fruits toute la vie. (Hé! les parents écervelés qui divorcent pour un oui ou un non...) Que le mariage apporte beaucoup de satisfaction après l'âge de 70 ans. Que le vieillissement après 80 ans est plus déterminé par les habitudes contractées avant 50 ans que par l'hérédité. Qu'il en va de même pour notre vitalité et notre rayonnement personnel.

Les participants ont été régulièrement questionnés et examinés. Bien sûr, il s'agit d'un segment doué et privilégié de la société. Mais ces gens-là sont aussi sujets aux problèmes dus à une alimentation déséquilibrée (dans leur cas trop riche et trop raffinée); à la cigarette; à l'alcoolisme (bourbon plutôt que bière) qui entraîne divorce, névrose et dépressions. Le mois dernier, j'avais rapporté ici que ma charge de testostérone, très satisfaisante pour mon âge, avait encore augmenté depuis que je médite régulièrement. L'étude de Harvard met en lumière un avantage réservé aux liberals, les hommes aux idées libérales selon l'acceptation américaine, les démocrates. Leur vie sexuelle et sentimentale est plus riche et plus durable que celle des conservateurs, les républicains. Octogénaires, ils en jouissent encore alors que les mecs de droite et les fondamentalistes religieux laissent tomber vers 68 ans. Comment l'expliquer?



Les urologues auxquels l'auteur a posé la question restent sans réponse. Pas étonnant car le problème réside au niveau du coeur et de la tête. Aujourd'hui, les mecs de droite se recrutent parmi les angoissés. Ils ne supportent pas que les femmes, les étrangers et les LGBT prennent la place qui leur revient dans la société; la chasse à l'hypocrisie sexuelle ou religieuse les terrorise. Ils en deviennent paranos... L'étude révèle ce qui a changé dans la vie des participants. Ceux qui ont
tiré un enseignement de leurs épreuves ont appris une nouvelle manière d'aborder la vie et en ont tiré de grands bénéfices. Comme l'exprime l'un d'entre eux: "Ce n'est pas ce que vous avez accompli durant votre journée qui compte, mais comment vous vous êtes senti." Notre bonheur dépend de la compréhension et de l'amour que nous offrons autour de vous.

Hier, dans un blogue que je venais de découvrir, je lisais ceci: "... Nous sommes un amas de conflits entre concepts antagonistes et c’est leur nombre et la fréquence de leurs confrontations qui forme la richesse de notre esprit." Vive le désordre créatif que le destin nous offre !

André 

mercredi 16 juillet 2014

Tambours et fundoshi : ces Japonais qui vous saisissent aux tripes




Les concerts de tambours que nous offrent certains groupes japonais allient le frisson que procurent leurs percussions puissantes et subtiles à la beauté des corps en action. Spectacle complet où l'on peut contempler ces musiciens entrant dans une communion telle avec leur instrument qu'elle égale la transe, tout en restant discrète. C'est le tonnerre, les battements du coeur de dieu, le voilier cinglant dans les vagues, la forêt de bambous soulevée par le vent.



Cerise sur le gâteau, le fundoshi qu'ils revêtent est un long morceau de tissu couvrant leur service trois-pièce tout en révélant les hanches et les fesses. Le fundoshi est encore porté au Japon durant les grandes fêtes publiques traditionnelles.



Le moine bouddhiste Ikkyū Sōjun (15e siècle) a écrit un poème en l'honneur de sa racine virile et de son fundoshi:
Fort de ses vingt centimètres, c'est mon objet favori;
La nuit quand je suis seul, je l'étreins amoureusement --
Aucune belle femme ne l'a touché depuis une éternité.
Sous mon fundoshi vit un univers entier!
Autre poème:
Une moine fou de sexe, objectez-vous!
Au sang chaud, passionné et totalement excité.
Souvenez-vous donc que le désir peut consumer toute passion,
Et transmuter le vil métal en or pur.



Ikkyū Sōjun décrivait sa bite comme un cordon rouge, un bambou chargé de sève; il a écrit de sublimes poèmes d'amour, vantant à l'instar d'autres moines de son époque la voie du sexe et de la passion comme l'un des chemins menant à l'illumination. Homme à la fois angoissé, ascétique et jouisseur, il a lutté contre l'hypocrisie du milieu monastique. Hétéro convaincu au milieu de pédérastes qui abusaient de la beauté des très jeunes hommes, il pourrait néanmoins inspirer beaucoup d'homos aujourd'hui. Car il était un anti-militariste convaincu, un poète sensuel, un amoureux de l'amour, en quête d'une spiritualité libérée de la dissimultion, de la bigoterie, de la tartuferie et de la cupidité.



Un autre poème:
Dix jours dans ce temple et mon esprit titube.
Entre mes jambes le cordon rouge s'allonge et s'allonge.
Si vous passez par là prochainement et demandez à me voir,
Feriez mieux de me chercher chez un poissonnier ou dans un bordel.
Et le dernier:
Suivez aveuglément les règles de la chasteté, vous ne valez pas mieux qu'un âne;
Rompez-les et vous n'êtes qu'humain.
L'esprit du zen se manifeste de mille façons
infinies comme le sable du Gange.

André